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18/02/2008

Mettez-vous à la naïveté volontaire!

    La naïveté est un défaut, voire même une tare... pourtant c'est ce qu'on aime chez les enfants. Pourquoi ce qui est beau chez l'un serait à bannir chez l'autre? Je vais vous le dire :)
   Mais d'abord pour bien se comprendre, un petit aperçu simplifié de notions de base en psychologie cognitive. Le raisonnement humain, loin d'être logique le plus souvent, est basé sur des automatismes, des raccourcis par association d'idées.
   La raison étant que si l'on devait faire un raisonnement logique pour chaque mini-décision du quotidien, on ne ferait absolument rien. Par exemple on mettrait la journée à traverser la rue parce qu'il faudrait calculer des probabilités à partir de données incertaines, calculer le moment exact du passage de chaque véhicule arrivant, etc.... on traverserait une fois que le débit de voiture serait réduit à son minimum... la nuit venue!
   Nous fonctionnons donc par approximations, plus dans le ressenti que dans le logique, parce que le cerveau peut gérer un tas de paramètres en automatique mais est incapable de traiter 2 raisonnements logiques en même temps.
Cette automatisation, qui fonctionne en partie grâce à des raccourcis, c'est une grande partie de ce que l'on mesure avec le QI, en particulier lorsqu'on prend en compte le temps de réponse. Autre exemple de l'utilité de ces raccourcis : combien font 18+12? Pour effectuer cette opération, aucun besoin de calculer, la réponse vient "toute seule". Pourtant ce genre d'association a mis des années à se mettre en place à l'école.
   Revenons à nos moutons. (L'expression n'est pas neutre mais ne nous éparpillons pas;))
Dans la vie sociale, il existe aussi tout un tas de raccourcis, plus ou moins utiles individuellement et/ou collectivement. J'aperçois dans la rue une bande de jeunes portants tous jogging de marque, bandana et énorme chaîne en or, qui parlent fort sur un ton qui semble agressif, automatiquement je pense "pas bon", je change de trottoir. Individuellement, c'est un automatisme préventif utile. Collectivement.... c'est un comportement d'évitement qui peut être mal vécu, surtout si tout le monde fait comme moi et si cette bande est constituée de gentils garçons serviables et honnêtes au look inopportun. Impossible, me direz-vous si vous n'avez rien compris à mon propos ;) Pourtant des études en psychologie montrent clairement que les associations de traits de personnalité que l'on croit évidentes sont fausses. Mais, me direz-vous encore, on ne peut pas être à la fois serviable et violent! Ce à quoi je répondrai "ne regardez-vous jamais le JT?". Régulièrement on nous raconte la même histoire, un-tel a fait un truc immonde, plusieurs fois, et ses voisins et amis ne comprennent pas, c'était le voisin idéal, qui baby-sittait nos gosses et rendait toujours service! Quand on cherche la vérité, il faut être précis : il est plus rare que l'on soit à la fois serviable et violent qu'égoïste et violent, ça peut-être, j'ai pas vérifié :)
On ne peut donc pas généraliser. Ce qui veut dire que lorsqu'on n'a pas tous les éléments, c'est à dire tout le temps en ce qui concerne les êtres humains, on peut juger, agir en conséquence mais JAMAIS être certain d'avoir raison.
   Et lorsqu'on se trompe, ça a des conséquences plus ou moins graves. Prenons un exemple qui me tient à coeur. Un enfant d'origine maghrébine entre à l'école. Il a de la chance, dans son école aucun racisme ne s'exprime consciemment. Mais les tout à fait gentils parents de ses nouveaux amis, sans s'en rendre compte, associent son faciès au stéréotype du fainéant profiteur futur délinquant. Le moindre indice qui irait dans le sens de ce stéréotype est fatal [pour des raisons diverses et compliquées bien connues en psychologie sociale]. Au premier bâillement le gosse est catégorisé fainéant, s'il accepte le goûter de son pote il devient profiteur et attention il a dit un gros mot c'est de la mauvaise graine,  mais que font ses parents?! Le voici dès lors catégorisé, il ressent sans savoir pourquoi qu'il n'est pas apprécié alors que c'est un gosse adorable (sisi, dans mon exemple c'est un amour le gamin, mais ça marche aussi s'il est bourré de défauts comme tout le monde), ça diminue sa confiance en lui, d'autre phénomènes compliqués que je vous conseille d'étudier font qu'il va peu à peu confirmer l'image que l'on se fait de lui... Un phénomène simple que tout le monde a vécu fera que quand il sera conscient que ses origines font une différence, il aura du ressentiment et finira peut-être par se dire "eh ben puisqu'ils pensent tous que je vole, autant voler ça ne changera rien", il aura besoin de se réfugier dans un dogme religieux extrême dans sa quête d'identité, et au bout du compte, peut-être se fera-t'il sauter avec un métro parce qu'au départ, on ne lui a pas donné les mêmes chances qu'aux autres de se construire une identité stable et solide, relativement en harmonie avec la société environnante... Ouais, je sais, je grossis hachement le trait. Non, je ne dis pas qu'on a raison de faire sauter un métro, avec ou sans soi dedans. Juste que catégoriser, c'est utile, mais il faut savoir s'arrêter!
   Alors voilà, j'en viens à une proposition pour un monde plus serein : opter pour la naïveté volontaire. Accepter de passer pour un con quand on nous dit "il sort de chez elle tous les soirs tard" et qu'on ne répond pas "quel salaud, je plains sa femme!", passer parfois à côté d'évidences parce que peut-être elles sont fausses, penser moins vite pcq'on pense plus vrai, en bref être moins efficace mais peut-être plus juste!
   Souvenez-vous au quotidien que le type bougon est peut-être le plus aimable avec ses amis, que la caissière qui ne vous sourit pas a peut-être appris un décès le jour-même, que le garçon très maniéré aime peut-être autant les femmes que vous et moi, que celui qui se tait n'en pense pas moins, que les valeurs morales ne sont pas universelles, que des vieux fument du shit, que des jeunes aiment l'opéra, et que si ça marche comme un canard et ça couine comme un canard, alors ptet ben que ça ressemble juste à un canard.

Commentaires

Je pense tout à fait comme toi (vu que je mets ça plus ou moins volontairement en pratique depuis 35 ... heuuuuuuuuuuuuuuuuuu ... 22 ans ;op), mais ce qui est marrant c'est que les Gens me trouve "mignon", "charmant", "amusant", mais sans avoir (presque) aucune estime de leur part : ils me prennent un peu pour un benêt (en gros).

Enfin tout ça pour dire qu'il va y avoir du sacré boulot pour faire changer tout ça; O_o

Écrit par : Nounours. | 19/02/2008

tu vois mon Nounours t'es un révolutionnaire et tu le sais même pas :D

Écrit par : encorepire | 19/02/2008

Nannnnnnnnnnn sans blague ! Bin cool alors. A moi les livres d'histoires et tout et tout ... ;op

Écrit par : Nounours | 28/02/2008

Ah la catégorisation!! ça fait mal, c'est jamais bon. Tu as tout à fait raison de dire qu'être catégorisé peut avoir des conséquences sur le devenir des gens. Toutefois, celles-ci ne sont pas nécessairement néfastes, bien au contraire elles peuvent pousser une personne à prouver qu'elle ne correspond pas à l'image que l'on se fait d'elle.
Je pense que d'une façon ou d'une autre, être catégorisé conduit à un extrémisme bon ou mauvais ou les deux.

Écrit par : shh59 | 29/02/2008

Je doute fortement de l'existence d'un quelconque "bon extrémisme"... Même si celui-ci consiste à tenter par tous les moyens de prouver sa vertu au monde!
Dans ce cas-là, le but n'étant jamais atteint (puisque la capacité à critiquer des gens est énooorme), on se retrouve avec deux solutions: faire croire qu'on est parfait en étant donc tout sauf vertueux puisque tout n'est que calcul, manipulation et mensonge, ou bien se donner tellement à fond dans cette quête de la vertue que l'on ne peut s'empêcher de critiquer et détester tous ceux qui ne sont pas au même niveau de vertu, ou bien de péter un câble de temps en temps et pas qu'à moitié, ou encore de gâcher sa vie en n'osant rien faire de peur de mal le faire....

Écrit par : encorepire | 29/02/2008

et de quelle vertue parles-tu ? personne n'est parfait ça on le sait donc on peut au moins s'approcher de l'idéal sans jamais l'atteindre. Après si les gens "travaillent" leur paraître alors perso je ne vois pas en quoi ils sont "vertueux". dans le second cas, ce n'est pas parce qu'on veut être vertueux qu'on n'accepte pas les autres comme ils sont!! comme tu dis on ne peut s'empêcher de critiquer les gens ... et l'autocritique, y-penses-tu? l'autocritique fait que l'on ne va pas détester les autres mais les accepter comme ils sont.
c'est ma vision des choses et je pense que certaines personnes fonctionnent comme ça, certaines seulement, d'autres pas.

Écrit par : shh59 | 08/03/2008

je ne parlais que de ce qui arrive si l'on tombe dans un quelconque extrémisme

Écrit par : encorepire | 08/03/2008

Contrôler sa naïveté ? Mais si on faisait ça, on la perdrait puisqu'on deviendrait calculateur/trice...

Et en plus trop de naïveté n'est pas bon non plus, sauf si on est maso. Question de protection personnelle : moi un mec avec un flingue avec un air de dingue je l'évite, même si y a tout un tas de circonstances qui font qu'il est peut-être totalement innoffensif.
Tu sembles partir du principe que tout "jugement" est forcément mauvais, ce qui est loin d'être le cas.

Et tu oublies également le désir de la personne qui s'affiche ainsi. La caissière qui tire la tronche elle te dit avec son expression "m'emmerdez pas!". Alors pourquoi ne pas respecter cette volonté ?
Certes, on peut effectivement décider de passer outre, et ça peut parfois être intéressant. Mais le plus souvent ça ne l'est pas, et c'est juste une perte de temps inutile.

Écrit par : Petite Souris | 01/04/2008

Evidemment je parlais pas du type avec un flingue :p la naïveté à l'extrème est aussi mauvaise que tous les extrèmes :o)
Quant à la caissière, g pas dit qu'il fallait lui raconter sa vie, faut juste pas sauter direct à la conclusion que c une connasse finie
Enfin sur l'utilité de la démarche, je croyais l'avoir développée suffisamment mais si ça ne te suffit pas, je n'ai plus qu'une chose à ajouter : :-ppppppp
;)

Écrit par : encorepire | 01/04/2008

Je crois que ton article n'est pas bien défini en fait. On dirait que tu dis "naïveté" pour parler de manque d'a-priori.

Si tu veux vraiment parler de naïveté, tu devrais demander à tous ceux qui ne sont PAS naïfs d'arrêter d'abuser des gens naïfs.
Alors là, peut-être que plus de gens réussiraient non pas à "être naïf volontairement" comme tu le suggères, mais à "conserver leur naïveté"...

Écrit par : Petite Souris | 02/04/2008

OK ok, on n'a pas les mêmes termes, mais au final malgré la nuance entre "opter pour la naïveté volontaire" et "conserver leur naïveté", je me permettrai de considérer qu'au fond, et bien que ce soit très dur à admettre (;)), nous sommes plutôt d'accord sur l'intérêt d'un minimum de naïveté.
Pour ce qui est du préablable de ne pas abuser de la naïveté des autres, il me semble assez évident mais bien souvent la méfiance ne nait pas de l'expérience mais seulement de l'anticipation exagérée de ces abus.... qui d'une certaine façon peut les provoquer indirectement, cf au-dessus :o)

Écrit par : encorepire | 02/04/2008

"la méfiance ne nait pas de l'expérience mais seulement de l'anticipation exagérée de ces abus..."

parle pas comme ça, j'croirais entendre mon psy, c'est horrible ;)

Et je dirais que nous sommes plutôt d'accord sur le fait de contrôler un maximum nos a-priori, paske pour moi, la naïveté, c'est pas vraiment possible à contrôler... bref... tu ne peux pas dire "il faut être naïf un minimum". Par contre tu peux dire "c'est bien d'avoir un peu de naïveté"
(oui, je sais, je suis chieuse et fière de l'être ;p)

Écrit par : Petite Souris | 02/04/2008

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