Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17/12/2012

Homophobie et sexisme

En ce moment on ne parle que de ça... même moi qui pendant longtemps ai refusé de jouer le jeu, car pendant qu'on s'engueule sur une question qui concerne une minorité, c'est la majorité qui se fait rouler dans la farine.

Mais de temps en temps, il faut quand même s'occuper des minorités.

Alors voilà, j'ai quelques ptites choses à dire sur le sujet.

J'ai dû, durant plusieurs mois et bien malgré moi, me confronter à la norme. Supporter des gens qui me supportent à peine. Des sexistes pure race. Non, pas des mecs matchistes. Des nanas matchistes.

Voici quelques résumés en vrac de discours longs et répétitifs : Une femme, ça DOIT savoir cuisiner. C'est elle la mère, elle doit pouvoir faire à manger à ses enfants. La féminité c'est super important. Tu devrais détacher tes cheveux. Tu pourrais mettre des vêtements qui te mettent en valeur. Je sais pas comment je vais finir le mois, ma robe m'a coûté 150 euros. Je me suis encore fait draguer par un gros lourd. J'en ai marre de me faire matter dans la rue. T'as vu commment elle s'habille celle-là? Non elle est pas moche, mais elle pourrait faire un peu attention à elle, mettre un peu de maquillage, s'habiller plus sexy. Nan mais toi c'est pas pareil...

Je suis reconnaissante envers ces sexistes d'avoir aussi intégré qu'il est normal de ne pas être homophobe. Elles ne le sont pas consciemment, c'est supportable du coup.

Elles admettent que je sois différente, et que toutes leurs injonctions sexistes ne me concernent pas. Je ne suis pas vraiment une femme, j'ai le droit de ne pas être féminine.

Si j'avais dit aimer les hommes, elles m'auraient sans doute harcelée pour que je porte du maquillage, que je mette des jupes, que je fasse de bons petits plats bien plus élaborés, que je monte ma voix dans les aigus, que je me tienne différemment, que je marche différemment, que je dépense plus en fringues qu'en bouffe, que je fasse un régime draconien, que je m'intéresse à la mode etc.

Au lieu de ça, j'ai eu tout le loisir d'être moi-même en bien plus silencieuse, d'être un sujet à étudier, de pouvoir exprimer mon opinion sur le sexe entre nanas et taire toutes les autres.

La sociable a tenté aimablement de m'intéresser à ses passions les moins rebutantes : trouver qui chante quoi ou des objets dans un décor. La musulmane a utilisé toute l'ampleur de sa tolérance en évitant les sujets qui fachent, elle a l'habitude d'être celle qui a besoin de tolérance. La réservée a fait de même et établi une distance de sécurité, des fois que je lui sauterais dessus sans prévenir. Rien de gênant.

En revanche avec la séductrice, ça n'est pas passé. Elle m'a raconté son touche-pipi entre gamines, a sorti tout ce qu'elle avait de plus décolté, a cherché à savoir ce que j'aimais chez une femme, s'est beaucoup amusée de ses délires concernant ma vie sexuelle, a répété en boucle ses réflexions sexistes jusqu'à ce que mon désintérêt marqué pour ses propos la vexe et qu'elle me fasse la gueule indéfiniment.

Ca fait réfléchir, tout ça au quotidien.

Comment peut-on être aussi passionnée par sa capacité de séduction et se plaindre de l'effet obtenu sur une part des hommes croisés? Pourquoi conspuer une personne qui laisse son homme gérer la cuisine?

Il y a une explication toute simple à son attitude, comme à celles de tous ces tarés qui n'ont jamais manifesté de leur vie mais qui sont dans la rue pour interdire à d'autres de fonder une famille : son ego est basé sur un mensonge.

On lui a appris qu'une femme n'est une femme que si elle est féminine. Une femme moderne, c'est une femme d'affaires assumée, une mère, une séductrice, une demi-sainte qui ne fait de conchoncetés qu'en étant très amoureuse et jamais le 1er soir, mais qui s'éclate au lit et fait fantasmer son homme avec des tenues sexy, une femme qui impose sa volonté dans le couple en limitant les gâteries et en jouant à la mère protectrice... Elle maîtrise parfaitement le sujet, ne jure que par ça, n'a d'identité qu'au travers de ces stéréotypes. Sa seule valeur, c'est ça. Alors elle tente de l'imposer. Et c'est naturel, pour elle : une femme est née pour tout faire plaire aux hommes. Se maquiller, s'habiller sexy, cuisiner, materner, etc.

Manque de bol, elle est tombée sur quelqu'un dont la vie n'est pas dévouée à séduire, encore moins à séduire les hommes. La nature m'a faite différente d'elle, la société m'a empêchée de vouloir séduire durant la construction de mon identité. Je n'ai pas adhéré à la théorie selon laquelle le genre est déterminé par le sexe biologique. Elle qui dit croire en Dieu, c'est quand on parle de genre qu'elle se sent en danger dans son identité, c'est en la féminité qu'elle croit.

Je crois que l'homophobie est un des symptômes d'une peur panique de la "théorie du genre". La trouille qu'on change les règles du jeu, que l'obsession qui fonde toute la vie d'un(e) homophobe soit reconnue comme ce qu'elle est : un détail purement culturel et inutile à la vie en société.

Pauvres petits homophobes... Que ça doit être dur pour eux que certains se foutent royalement de leurs règles débiles.

17/12/2006

Quoique!

Pour revenir sur ce que je disais à propos de l'aspect bêtes de foire, je me demande si ça ne venait pas de notre attitude...

En fait depuis que j'ai bien fait avancer l'assumation de ma chère et tendre à force de l'emmerder avec ça, il semble qu'on ne provoque plus aucune réaction.

Mieux encore, je me suis rendue compte d'autre chose : quand je parle simplement d'elle pour la première fois à quelqu'un qui ne sait pas encore que je suis gynéphile, au lieu de faire un coming out classique genre "attention assied-toi j'ai une grande nouvelle je préfère les filles, au fait justement jsuis casée avec une fille", eh bien on me répond normallement en me parlant d'elle au lieu de partir sur des discussions politiques sur la place de l'homo dans la société contemporaine!

En bonne apprentie psy, j'y vois déjà un effet des attentes sur le comportement non-verbal ni conscient, avec tout un dispositif expérimental à tester scientifiquement, des variables dépendantes partout, ouille me faut des vacances! Enfin en attendant d'avoir du temps et de l'argent à perdre en vérifications, je vous invite à tester personnellement ma théorie, pcq je parie que ça fonctionne! Faites-en un détail, ça sera un détail!